L’importance des eaux souterraines dans le bilan hydrique du plan d’eau du Lambon

Caroline SANDNER - Institution Interdépartementale du Bassin de la Sèvre Niortaise

Dans le cadre de la révision des SAGE Sèvre niortaise Marais poitevin et Vendée, des jaugeages retrouvés dans la bibliographie permettent de réaliser le bilan hydrologique d’un des plans d’eau de loisirs du bassin versant de la Sèvre Niortaise. La conclusion est qu’il en sort plus d’eau qu’il n’en entre… 

Lambon

Base de loisirs du Lambon
Photo de Ismaël RAUTURIER, Chef de service base de loisirs du Lambon,
Communauté de communes Mellois en Poitou

Contexte et objectifs

Dans le cadre de la révision des SAGE Sèvre niortaise Marais poitevin et Vendée, l’Institution Interdépartementale du Bassin de la Sèvre Niortaise (IIBSN) mène des études HMUC (Hydrologie, Milieux, Usages, Climat) telles que préconisées par le schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) Loire Bretagne (disposition 7A-2).

Au cours de ces études, la question de l’impact cumulé de l’évaporation des plans d’eau sur les débits des cours d’eau s’est posée régulièrement.

Les débits du Lambon, petit affluent rive gauche de la Sèvre Niortaise au niveau de Niort, ont été jaugés de manière hebdomadaire par Bernard Coirier de 1978 à 1981 en de nombreux points. Ces mesures sont réputées fiables. Quatre de ces points de suivi encadrent un plan d’eau de loisir construit en 1975, situé à environ 7 km à l’aval de la source du Lambon. Le plan d’eau a un volume de l’ordre de 360 000 m3 pour une superficie de 17 ha.

L’objectif du travail était de valoriser les mesures disponibles afin d’évaluer les quantités d’eau évaporées par le plan d’eau du Lambon, puis de comparer ces valeurs :
- à la donnée évaporation fournie par Météo France à la station de Niort. Cette dernière a en effet été utilisée pour évaluer la consommation diffuse des plans d’eau sur la partie socle du SAGE Vendée1;
- au bilan hydrologique simplifié (1.1 ETP-P) proposé par le BRGM dans le cadre de l’étude HMUC du SAGE Sèvre niortaise Marais poitevin2 comme autre outil d’évaluation de l’ordre de grandeur de la consommation diffuse des plans d’eaux.

Données disponibles

Les quatre points de jaugeage cités plus haut sont représentés sur la carte ci-dessous. Le plan d’eau du Lambon est alimenté par trois ruisseaux et une source, soit du nord-ouest au sud-est :

  • ruisseau de la Grière (non jaugé)
  • ruisseau de la Lussaudière (station 11)
  • source de la Bessière (station 9)
  • ruisseau du Lambon (station 12)

La station 13, située à l’aval du plan d’eau, contrôle l’intégralité du débit sortant du plan d’eau.

Lambon 1

Les graphiques qui suivent présentent les chroniques de débit en chaque point de mesure.

Lambon 2

Bilan hydrologique 

La figure ci-dessous compare la somme des débits entrants dans le plan d’eau au débit sortant de celui-ci.

Lambon 3

On se rend aisément compte que le débit sortant est très supérieur à la somme des débits entrants. Il est peu probable que le ruisseau de la Grière (petit affluent rive droite non jaugé) explique l’intégralité de cette différence. Alors d’où vient cette eau ?
Il est probable que le plan d’eau intercepte une importante zone de résurgence de la nappe de l’infra-toarcien, à la faveur d’une faille remontant le socle (cf coupe géologique et sa localisation ci-après).

Lambon 4 Lambon 5

 

Conclusion 

Il n’a pas été possible d’évaluer l’évaporation du plan d’eau du Lambon sur cette série de données car il bénéficie de trop d’apports d’eau non mesurables.

L'analyse est néanmoins intéressante dans la mesure où elle met en évidence la dépendance du plan d'eau du Lambon aux eaux souterraines. Les apports d'eau en provenance directe de la nappe ou via des sources (résurgences) constituent donc une composante non négligeable (majeure ?) dans le bilan hydrologique du plan d'eau et au fonctionnement de son écosystème.

Le plan d'eau du Lambon est loin d'être un cas isolé. Nombres d'écosystèmes en surface (plans d'eau, cours d'eau, zones humides, estuaires, etc.) dépendent, parfois très largement, de cette contribution invisible. Sous les effets du changement climatique, les apports en eau souterraine pourraient être de plus en plus essentiels au maintien de ces milieux.

 

Références citées dans le texte : 

CACG (2019).- Reconstitution et analyse des régimes hydrologiques naturels sur l’unité Hydro(géo)logique cohérente négociée « Vendée socle » et valorisation de ces résultats – Phase 1 : bilans hydrologiques.

2 COMPÈRE F., THINON-LARMINACH M. (2021) – Reconstitution et caractérisation des régimes hydrologiques naturels sur les unités hydro(géo)logiques cohérentes négociées du SAGE SNMP, et calcul de l’impact du changement climatique sur quatre d’entre elles. Rapport final. BRGM/RP-71074-FR, 92 p. 

 

 

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