Rencontre annuelle des hydrogéologues « Ouest-France » : la sécheresse au cœur des échanges

Les hydrogéologues du Grand Ouest se sont réunis début décembre afin d’échanger sur la sécheresse 2022. Des retours d’expériences et de pratiques qui mettent en exergue des leviers d’action mais aussi des interrogations. 

hydrogeol SO

Une dizaine d’hydrogéologues bretons, bas-normands et ligériens se sont réunis dans la salle du barrage du Gast à Noues-de-Sienne (14) afin d’échanger sur la sécheresse 2022 (les collègues des Côtes d'Armor, Manche et Vendée s'étaient excusés).

La présentation du fonctionnement du barrage de soutien d’étiage du Gast, par Thierry Pay, du Conseil départemental du Calvados, a permis de détailler les modalités de financement entre les départements du Calvados, de la Manche et les collectivités d’eau potable bénéficiaires de cette ressource, via une redevance pour service rendu. Un modèle économique permettant de sécuriser et répartir équitablement le coût du service entre les bénéficiaires (Infolettre n°6 – septembre 2022).

Ensuite, la gestion de crise sécheresse 2022 dans le Morbihan (interconnexions, gestion entre unités de production, soutien étiage, suivi des retenues, simulations de déstockages, suivi des conso/besoins...) a été exposée par Arnaud LE GAL (Syndicat départemental de l'eau du Morbihan). Ceci a permis d'alimenter les échanges et de débattre des pratiques des différents départements, parfois antagonistes, et d'identifier des leviers intéressants :

  • intégration de seuils saisonniers/mensuels des arrêtés cadres et possibilité d'anticipation printanière ; 
  • gradation des mesures de restriction selon des indicateurs eau potable ou milieux (restrictions en cohérence avec la situation effective de la production d'eau potable et des milieux aquatiques) ;
  • intérêt de la gestion coordonnée des prélèvements AEP (dans le temps et l'espace, selon le type de ressource : cours d’eau, barrages, eaux souterraines) et des transferts d'eau ;
  • suivi et anticipation des besoins industriels en période de crise ;
  • "simplicité" des dispositions des arrêtés cadre sécheresse (ACS) (seuils, zonages, ressources concernées, ...) et éviter la  "malrestriction".

Ainsi que des questionnements :

  • Comment positionner les seuils de restriction par rapport aux statistiques hydrologiques et/ou aux indicateurs biologiques ?
  • Quelle définition des débits réservés ? Quel lien avec les débits biologiques ? Quelles modalités de dérogations aux débits réservés ?
  • Comment assurer la représentativité des stations de référence (situation des affluents par rapport au cours d'eau principal, cohérence eau de surface/eau souterraine) ?

Afin d'élargir le débat aux prospectives besoins/ressources en lien avec le changement climatique, Thierry PAY a présenté le PTGE porté par le Conseil Départemental du Calvados sur l'ensemble du département, tout en prenant en compte l'amont des bassins sur les départements limitrophes (Infolettre n°5 – décembre 2021). Les études vont s'engager prochainement et conduiront in fine à un schéma départemental de gestion des ressources en eau, et ce, en l'absence de SAGE actif sur une partie importante du territoire.

Pour terminer cette matinée d'échange, Géraldine BERREHOUC (Conseil départemental du Finistère) a présenté le rapport sur le décolmatage des forages puis Bruno GRUA (Syndicat départemental Atlantic'eau) les problèmes liés à la présence de radon dans les installations AEP, en particulier dans l'air en lien avec les conditions de travail des agents d'exploitation.

 

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