Manon REMOT, Marc-Eric JOFFROY - Régie du SDDEA
Département agricole et viticole, l’Aube présente des contaminations chroniques aux produits phytosanitaires. Le Syndicat mixte de l'eau, de l'assainissement collectif, de l'assainissement non collectif, des milieux aquatiques et de la démoustication de l'Aube (SDDEA) souhaite pérenniser ses captages sur le très long terme, à l’horizon 2100. Le SDDEA élabore ainsi des diagnostics et stratégies pour gérer ces contaminations dans un contexte de changement climatique.
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| Réservoir des Haut-Clos, qui alimente l'agglomération troyenne |
Les produits phytosanitaires dans les eaux destinées à la consommation humaine
Atrazine, déséthyl atrazine, chloridazone desphényl et méthyl desphényl… Le progrès dans les méthodes d’analyses a permis au cours des dernières années de mettre en évidence la présence dans les ressources en eau de nouveaux pesticides ainsi que leurs métabolites.
Depuis plusieurs années, le département de l’Aube est soumis à la contamination des ressources en eau par les métabolites de l’atrazine, dont la molécule mère était un pesticide utilisé principalement pour la culture du maïs et qui a été interdit en 2003. Cependant et malgré l’arrêt de l’utilisation de la substance active depuis maintenant 20 ans, ses métabolites continuent d’être présents sur le territoire à des concentrations non négligeables.
Plus récemment, la contamination des eaux dans l’Aube par les métabolites de la chloridazone, un herbicide principalement utilisé dans la betterave sucrière jusqu’en 2019, a été mise en avant et constitue une source de préoccupation pour les services de production et de distribution d’eau potable.
Les campagnes analytiques menées sur le territoire de l’Aube indiquent une problématique de pesticides plus importante que ce que laissent présager les mesures actuelles de l’Agence Régionale de Santé (ARS). Ainsi, la liste des molécules inscrites au contrôle sanitaire, qui comportait 42 métabolites de pesticides et 160 substances actives depuis janvier 2021, est amenée à évoluer dans les prochains mois.
Dans ce contexte, la Régie du SDDEA a mis et continue de mettre en place des plans d’action afin de préserver et de protéger la santé des consommateurs.
Les schémas directeurs d'alimentation en eau potable pour la qualité et la quantité des eaux
Les schémas directeurs d’alimentation en eau potable (Figure 1) constituent un ensemble d’études et de campagnes analytiques lancées en novembre 2022 et qui se termineront en 2027 sur l’ensemble du territoire (Figure 1).
Ils ont pour objectifs d’aboutir à un programme de travaux opérationnels dans le but de distribuer une eau de qualité aux abonnés, de garantir l’alimentation en eau des populations en quantités suffisantes, tout en prenant en compte l’impact du changement climatique, de sécuriser l’alimentation en eau potable sur toutes les zones de desserte ainsi qu’améliorer la qualité de la desserte en eau en améliorant la lutte contre les fuites, la gestion patrimoniale ainsi que la surveillance et le contrôle des réseaux.
Pour parvenir à élaborer ce programme de travaux, les moyens mis en œuvre comprennent la réalisation d’un état des lieux du patrimoine existant, la détermination des besoins en eau à moyen et long terme, l’identification des ressources stratégiques pour le périmètre d’étude ainsi que la modélisation des systèmes d’alimentation en eau potable.

Figure 1 : Périmètre du SDDEA et des différents schémas directeurs d'alimentation en eau potable
La stratégie 2100 pour anticiper les impacts du changement climatique
La stratégie 2100 initiée par le SDDEA et sa Régie constitue une stratégie globale d’adaptation afin d’assurer la pérennité et la qualité de la ressource en eaux souterraine et superficielle sur son périmètre.
Débutée en mai 2018, lors d’un séminaire de préfiguration, les élus et les partenaires du SDDEA ont initié les premières étapes de la mise en œuvre de la stratégie.
Les six principales voies d’action du SDDEA s’articulent autour de :

La stratégie 2100, soutenue par l’Agence de l’eau Saine Normandie et le Conseil Départemental de l’Aube, est construite autour d’une dynamique partenariale regroupant d’autres instances et acteurs de l’eau tels que la Région Grand Est, le Bureau de Recherche Géologiques et Minières (BRGM), la Chambre de l’Agriculture de l’Aube ainsi que l’Etablissement Public Territorial de Bassin (EPTB) Seine Grands Lacs.
Dans le cadre de cette stratégie 2100, le BRGM va réaliser six axes de recherche et développement, intégrant les aspects qualitatifs et quantitatifs des ressources, avec notamment une modélisation globale des masses d’eaux souterraines et de surface.
Pour en savoir plus sur :






